La Montagne Pelée de 1902
- 11 août 2024
- Histoire
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La Pelée un volcan actif
La Montagne Pelée, volcan actif de la Martinique est un des plus célèbres de la Caraïbe. En effet l’éruption catastrophique de 1902 qui a détruit la ville de Saint-Pierre est un des plus dévastateurs du 20ème siècle. Avec près de 30 000 victimes et une ville rasée de la carte, le volcan a marqué les esprits et a attisé la curiosité scientifique de nombreux vulcanologues de renommée mondiale.
HISTORIQUE DES ÉRUPTIONS
Les Arawaks ayant principalement une culture orale, il n’y aucune trace écrite de leurs connaissances et expériences avec le volcan. Seule l’archéologie et les fouilles ont permis d’identifier les dates ou périodes d’éruptions suivantes : Aux environs de -500, -60 avant JC puis vers 300 et 1300 au début de notre ère.
L’arrivée des européens et leurs récits ont permis de documenter les autres phénomènes. La plus ancienne précédente l’arrivée des colombs un peu avant 1635 suivie de celle de 1792. Plus récemment l’île a été secouée par les éruptions des 05 août 1851, 08 mai 1902, 30 août 1902 et 18 octobre 1929.
LES FUMEROLLES
Entre 1889 et mai 1902
Dès 1889 des funerolles sont obervées dans le cratère. Leurs manifestations vont s’intensifier avec le temps. A partir de 1902, les habitant du prêcheur se plaignent d’une odeur d’oeufs pourris qui trahit les remontées soufrées
UNE MONTÉE EN PUISSANCE
Janvier à mai 1902
Les séismes sont plus fréquents et sont clairement ressentis. Les premières explosions accompagnées de cendres volcaniques ont lieu.
Le 03 mai, des détonations extrêmement fortes sont entendues suivies de la projection d’énormes rochers. Un panache de fumée s’étend à plusieurs km d’altitude.
LES COULÉES DE BOUE
5 mai 1902
Les animaux réagissent en masse et la ville est envahie de fourmis, de scolopandres et de serpents.
Vers midi et demi une grosse détonation est suivie d’un Lahar qui dévale le flan ouest et s’engouffre dans la rivère blanche. Les coulées de boue emportent l’usine sucrière de Guerin et ses employés avant de provoquer un raz de marée sur le littoral des communes de Saint Pierre et du Prêcheur.
ACTIVITÉ MAGMATIQUE
6 mai 1902
Les manifestations des jours précédents se précisent. Des fumées, des nuages de gaz soufrés et de cendres sont observés.
Des éruptions phréatiques, causées par la montée de la vapeur d’eau chauffée par le magma qui se rapproche, sont désormais accompagnées de laves qui déclenche des inondations dans les communes de Saint Pierre et Ajoupa bouillon.
Les premières maisons cèdent sous le poids des cendres au prêcheur….
LES 1ères NUÉES ARDENTES
7 mai 1902
Le matin du 7 mai une première nuée ardente provient du volcan mais est stoppée par le Morne Lenard qui pour certains était un rempart suffisant. Des cendres par milliers tombent sur la ville.
Dans la nuit, des coulées de Lahars ensevelissent les premières habitations et tuent les premiers habitants de la commune du Prêcheur.

LA CATASTROPHE
8 mai 1902
Après avoir grondé toute la nuit, des éclairs et des orages menacent. La pluie de la nuit a lavé la ville des cendres de la veille.
Certains citoyens paniquent et prennent d’assaut le bateau de la compagnie Girard qui dessert Fort de France.
Les habitants qui sont restés à Saint Pierre se préparent à aller à la messe de l’Ascension.
De son côté, le Gouverneur part dans sa Yole avec la commission scientifique, avec la ferme intention d’escalader le volcan pour mesurer l’échelle du danger.
Peu avant 8h, un nuage se forme au dessus du volcan. Ses mouvements sont d’une rapidité phénoménale. Une explosion se fait entendre et après l’onde de choc, la nuée ardente (mélange de gaz brûlants, de cendres et de débris volcaniques) dévaste totalement la ville de Saint Pierre en moins de 3 minutes.
L'Éruption historique du 8 mai 1902
Le 8 mai 1902, l’éruption de la montagne Pelée allait changer le cours de l’histoire en Martinique. Très actif depuis le début de l’année 1900, le volcan va progressivement montré des signes inquiétants. Sûrement par ignorance les autorités et la population ne prendront pas conscience de la gravité et de l’importance de l’évènement à venir. L’absence de réaction est peut-être due aussi à une forme de négligence en raison d’un contexte et d’un enjeu électoral (élections législatives) qui accaparent tout le monde.
Le 8 mai, la nuée ardente et la lave détruisent tout sur leurs passages faisant de Saint Pierre une ville en ruine, orpheline d’environs 28 000 âmes. Tous les bateaux présents dans la rade, du plus modeste au plus prestigieux, sont également brûlés et coulés. Le 20 mai une réplique termine le travail. L’activité reste intense toute l’année avec un pic au mois d’août, puis en 1908 avant une dernière éruption en 1929.
28 000 morts et seulement 3 survivants. Dès lors les vulcanologues et géologues s’intéresseront au volcan qui fait encore aujourd’hui l’objet d’une attention très particulière. La 1ère mission fut celle du géologue Alfred Lacroix à qui les autorités donne carte blanche pour son étude. L’observatoire situé au Morne des Cadets est affecté à une mission de surveillance intensive du volcan. A l’époque la nuée ardente s’était arrêtée à 300m du site actuel de l’observatoire.
L'APRES MAI 1902
De nombreuses nuées ardentes viendront du volcan les mois suivants. Celle du 30 août déborde de la Caldeira, atteint et détruit la ville du Morne Rouge. Le nouveau bilan fait état de plus de 1000 morts répartis sur les communes du Macouba, Ajoupa Bouillon et du Morne Rouge. Le prête qui avait soigné Cyparis fait partie des nouvelles victimes.
Pendant tous ces mois qui passent, un processus géologique de construction d’un pic, ou aiguille se poursuit au sommet de la Pelée. Il est détruit en son plus haut point à chaque explosion ce qui provoque une nouvelle nuée ardente. Le 31 mai 2003 l’aiguille culmine 1617m. Le phénomène recommencera avec l’épisode éruptif de 1929 avant que la montagne ne se stabilise a l’altitude actuelle de 1397m.

IMPACT GLOBAL ET HÉRITAGE
Impact Scientifique
L’importance et la puissance de l’éruption de la Montagne Pelée a eu un impact considérable sur certaines sciences. Elle suscita l’intérêt des plus grands vulcanologues et géologues de la planète, y compris les pétrologues (1).
Un observatoire temporaire initié par Antoine Lacroix fonctionnera jusqu’en 1925. Après un arrêt des études dû à l’inactivité du volcan, le travail reprend avec l’éruption de 1929. La construction de l’observatoire actuel du Morne des Cadets est décidée.
Ces études ont conduit à une meilleure compréhension des phénomènes liés aux nuées ardentes et a souligné l’importance de la surveillance des volcans. Des observatoires ont ainsi été créés pour surveiller les volcans actifs du monde entier. Le type « péléen » (2) est crée pour classé les volcans explosifs qui représentent les mêmes dangers.
La collaboration des scientifiques se fait également à l’échelle régionale et caribéenne. En effet sur l’ensemble de la Caraïbe, 9 volcans sont actuellement actifs dont ceux de Martinique, Guadeloupe, Montserrat, St Vincent, ou Ste Lucie. La plupart d’entre eux ont été actifs au 20ème siècle. Les derniers réveils en date sont les éruptions de la Soufrière de la Guadeloupe en 1976, de Montserrat en 1995 et de Saint Vincent en 1979 et plus récemment en 2021.

Impact Culturel
Saint Pierre restera longtemps un simple objet d’étude. Rayée de la carte administrative en février 1910, elle sera réintégrée en mars 1923 lors de la présentation du nouveau St Pierre.
La ville ne sera jamais reconstruite à son échelle d’origine. Fort-de-France, la capitale actuelle, prend le relais en tant que centre économique et administratif de la Martinique. Aujourd’hui, Saint-Pierre est une petite ville avec des ruines qui servent de mémoire à cette tragédie. Chaque année l’éruption du 8 mai 1902 est commémorée en Martinique, en hommage aux victimes de cette catastrophe naturelle.





