Le Fort Napoléon de Terre de Haut
- Fort Napoléon, Terre-de-Haut, Guadeloupe
Entre Saint-François et Le Moule, l’habitation Zévallos attire le regard par son architecture atypique. La maison est principale est composée de briques et de ferrailles, entourée de galeries sur deux niveaux. Si elle vous rappelle la maison qui abrite le musée Saint-John Perse à Pointe-à-Pitre, ce n’est pas un hasard : les deux bâtiments sont présentés comme des « maisons jumelles ». Leur ressemblance invite à découvrir l’un des édifices les plus singuliers de la Grande-Terre.
Avec sa structure métallique, ses briques et ses galeries, l’habitation Zévallos évoque le style louisianais. Sa ressemblance avec la maison qui abrite le musée Saint-John Perse, à Pointe-à-Pitre, nourrit une autre histoire attachée au lieu : celle de leurs origines.
Selon la légende, un riche planteur de coton de Louisiane aurait commandé les deux demeures pour ses filles jumelles. Mais le navire qui transportait leurs éléments aurait été endommagé pendant la traversée. Les maisons, qui ne seraient jamais parvenues à leur destination initiale, auraient alors été vendues aux enchères à Pointe-à-Pitre. On ne saurait démêler tous les fils de ce récit, cependant il accompagne la maison Zévallos depuis des générations et donne à sa « jumelle » de Pointe-à-Pitre une histoire commune aussi intrigante que leur architecture.
La demeure n’est qu’une partie de l’histoire de Zévallos. Le domaine a accueilli une usine sucrière dont subsistent notamment la cheminée, un ancien puits et des éléments liés au transport de la canne. Classé monument historique, le site témoigne de l’évolution de la production sucrière au XIXe siècle. Son histoire comprend aussi celle des personnes réduites en esclavage qui ont travaillé sur le domaine, puis, après l’abolition, celle des travailleurs engagés venus d’Inde.
Au Moule, la demeure porte depuis longtemps le surnom de « maison hantée ». Des récits locaux évoquent des cris entendus autrefois et les associent aux souffrances des personnes qui ont travaillé sur le domaine. C’est une légende locale, pas un fait établi. Elle fait partie de la mémoire du lieu, sans remplacer l’histoire documentée de l’esclavage et de l’engagisme. La maison visible aujourd’hui apparaît, elle, sur les plans du domaine à partir de 1870.
Des visites guidées permettent de découvrir le parc, les vestiges de l’usine et une partie de la maison. Le domaine faisant l’objet d’une restauration, mieux vaut vérifier les modalités de visite avant de s’y rendre. Une seule photo de la façade suffit largement pour illustrer la fiche : son architecture est déjà une excellente invitation à la découverte.
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