Bien que sévèrement réprimées par les autorités coloniales, plusieurs révoltes d’esclaves sont organisées au fil des décennies (1699, 1710, 1748, 1752). La plus ancienne date de 1678. Un nombre grandissant d'esclaves rebelles secoue et perturbe la colonie. Ce groupe, constitué d'une quarantaine d'esclaves, est finalement capturé. Leur sort sera décidé par le gouverneur de l'époque, le Compte De Blénac. La moitié d'entre eux est fusillée ou pendue, et les chefs et meneurs tués par noyade après avoir été châtiés.
Après la déclaration des Droits de l'Homme de 1789, une vague d'espoir déclenche une révolte d'esclaves, et la montée au créneau des hommes libres de couleurs qui réclament l'égalité face aux colons. Le mouvement se heurte à la forte résistance des planteurs qui voit d'un mauvais oeil cette perte de privilèges annoncée. L'année suivante ils font massacrer les hommes libres de couleur qui arborent la cocarde tricolore dans la ville de St Pierre.
En 1791, la révolte des esclaves gronde à Saint Domingue qui est alors la plus grande des colonies de l'archipel. Les planteurs royalistes de la Martinique n'entendent pas laisser s'installer ce vent de révolte dans leurs plantations et reprennent le dessus.
Au fil des années, le sujet de la poursuite ou de l'arrêt de la traite négrière divise la France. En 1792, le soutien financier accordé aux planteurs est supprimé dans l'espoir de voir le commerce d'esclaves diminuer. En 1794 la première abolition de l’esclavage est finalement votée par la République française.
Les planteurs royalistes profitent de la reprise de la Guerre avec les anglais depuis 1793 pour négocier avec ces derniers. Deux jours avant la promulgation de l'abolition en Martinique, celle-ci repasse sous contrôle britannique avec la complicité des colons français.
La première abolition n'est donc pas appliquée en Martinique et 20000 esclaves supplémentaires arrivent sur l'île.
L'île de Tobago située plus au sud subira le même sort. Les seules colonies françaises qui profitent de cette première abolition sont la Guadeloupe et la Guyane.



La liberté n'est pas la source des réjouissances espérées. La situation n’a guerre évolué. Les anciens esclaves deviennent des travailleurs libres mais sous-payés, souvent dans les mêmes plantations. Une période d'instabilité, sur fond de racisme et d'injustices, entraine une nouvelle vague d'insurrections qui seront tout aussi durement réprimées. L'insurrection de septembre 1870 à Rivière Pilote, avec en particulier l'histoire de Lumina Sophie, dite surprise, est un cas historique.
Dès la proclamation de 1848, les colons recherchent d'autres travailleurs pour palier à la pénurie de main d'oeuvre. Ils font alors appel aux travailleurs contractuels d'Inde et de Chine. Les 300 premiers indiens arrivent à St Pierre le 6 mai 1853 avant que des milliers d'autres ne leur empruntent le pas et se dispersent dans les autres îles.
Ces derniers sont engagés pour une durée de 5 ans, mais ce contrat se sera jamais honoré et ils ne reverrons jamais leur terre natale.
Cette période est à l’origine du métissage des populations des colonies de la Caraïbe. Une dernière vague d’immigration de libanais et de syriens, persécutés dans leurs pays, intervient dans le 1er tiers du XXème siècle.
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