Carnaval de Guadeloupe

Entre parades et chants populaires

Chaque année, dès les premiers jours de janvier, la Guadeloupe commence à vivre et vibrer au rythme des tambours, des caisses claires, des cuivres et des chants. Pendant plusieurs semaines, les groupes parcourent les rues de Pointe-à-Pitre, Basse-Terre et de nombreuses communes de l’archipel durant les week-ends.

Le Carnaval de Guadeloupe se distingue par ses grandes parades et par la place centrale occupée par les groupes carnavalesques. Ceux-ci préparent pendant des mois leurs costumes, leurs musiques et leurs chorégraphies afin de présenter une création complète, souvent conçue autour d’un thème renouvelé chaque année.

Le public participe pleinement à l’ambiance, danse et accompagne les déboulés. Toutefois, contrairement à certains carnavals plus immersifs où chacun peut assez facilement rejoindre un vidé, ici, d'une manière générale, la foule ne pénètre pas à l’intérieur d’un groupe constitué sans invitation. Le défilé repose sur une organisation précise, une discipline collective et une mise en scène qui doit conserver sa cohérence du départ jusqu’à l’arrivée.

Des semaines de parades dès l'Épiphanie

Des semaines de
 parades dès l'Épiphanie

Le carnaval débute traditionnellement dès le premier dimanche de janvier. Chaque week-end, les groupes se retrouvent dans une nouvelle commune pour un déboulé ou une grande parade. Les rassemblements permettent aux formations de dévoiler progressivement leurs nouvelles compositions musicales, leurs chorégraphies et les premiers éléments de leurs costumes.

La saison prend ainsi de l’ampleur semaine après semaine, jusqu’à l’apogée des jours gras. Si Pointe-à-Pitre et Basse-Terre accueillent les deux plus grandes parades, le carnaval se vit sur l’ensemble du territoire. Le Moule, Morne-à-l’Eau, Les Abymes, Sainte-Anne, Saint-François et bien d’autres communes organisent leurs propres manifestations. Morne-à-l’Eau accueille notamment le Carnaval des aînés, qui permet aux seniors de participer pleinement à la saison carnavalesque et de présenter leurs costumes, leurs danses et leur sens de la fête.

Un concentré de couleurs pendant les jours gras

Un concentré de couleurs
 pendant les jours gras

SAMEDI GRAS

Mas Maten, Mas Kongo

En Guadeloupe, le samedi gras ne donne pas lieu à une grande parade comparable à celles de Pointe-à-Pitre ou de Basse-Terre. Il est néanmoins marqué par plusieurs déboulés majeurs, profondément associés aux groupes à po, à la mémoire et aux traditions du Mas.
Dès le petit matin, le Mas Maten Kongo Karayib, souvent appelé plus simplement Mas Maten ou Mas Kongo, rassemble plusieurs milliers de carnavaliers qui accueillent le lever du soleil en défilant. Porté par le groupe à po Le Point d’Interrogation, le cortège part des Abymes, traverse notamment Pointe-à-Pitre et rejoint Le Gosier.

Deux grandes figures s’y rencontrent. Les Kongo ont le corps enduit de gwo siwo, mélange sombre traditionnellement composé de mélasse et de charbon. Les Karayib arborent les teintes rouges ou orangées du roucou. Cette réunion symbolique met en présence les héritages africains et amérindiens qui ont participé à la construction de la culture guadeloupéenne.

Au son des tambours à po, des chachas et des conques de lambis, une immense marée humaine progresse jusqu’à Bas-du-Fort. Le déboulé s’achève au bord de la mer, où les participants entrent dans l’eau pour retirer le gwo siwo et le roucou qui recouvrent leur peau.

Ce rituel de l’eau constitue bien davantage qu’un simple nettoyage après plusieurs heures de marche. Il clôt le parcours et prend la forme d’un passage collectif, associé à la purification, au renouvellement et à la libération des corps.
Le Mas Maten constitue l’un des moments les plus participatifs du Carnaval de Guadeloupe. L’intégration au cortège reste toutefois organisée et soumise aux consignes des groupes, notamment pour le costume, l’enduction du corps, le positionnement et la sécurité.

Mas Libèté à Sainte-Rose

Au même moment, Sainte-Rose vit au rythme du Mas Libèté, également appelé Sanmdi Libèté.

Organisé notamment par le groupe Mangrov’La, ce déboulé relie traditionnellement différents quartiers de Sainte-Rose. Les carnavaliers avancent au son des tambours à po dans une expression collective associant le Mas, la mémoire et l’affirmation de la liberté.

Plus ancré dans le nord de la Basse-Terre, le Mas Libèté rappelle que le samedi gras ne se concentre pas uniquement sur l’axe Les Abymes–Pointe-à-Pitre–Le Gosier. Plusieurs territoires vivent simultanément leurs propres rassemblements, selon leurs groupes, leurs parcours et leurs traditions.
voukoum de Basse Terre

DIMANCHE GRAS

La grande parade de Pointe-à-Pitre

Le dimanche gras, Pointe-à-Pitre devient la grande scène du carnaval guadeloupéen. Les groupes investissent les rues de la ville avec leurs costumes les plus spectaculaires, leurs chorégraphies et leurs créations musicales.

Cette parade est autant une fête qu’une démonstration. Chaque formation cherche à se distinguer par l’originalité de son thème, la qualité de ses costumes, la puissance de sa musique et la précision de son évolution.

Le public se rassemble tout au long du parcours pour admirer les groupes, danser et encourager ses formations favorites. Le dimanche gras donne ainsi une première mesure du travail accompli pendant plusieurs mois par les couturiers, musiciens, chorégraphes, décorateurs et bénévoles.
carnaval de guadeloupe

LUNDI GRAS

Lévé an Pyjama

Le lundi gras commence dès l’aube avec le traditionnel Lévé Pyjama. Les carnavaliers parcourent les rues en tenue de nuit, dans une atmosphère volontairement décalée. Les mariages burlesques prolongent l’esprit d’inversion propre au carnaval en détournant les rôles, les vêtements et les conventions de la cérémonie.

La parade nocturne de Saint-François

La parade nocturne
 de Saint-François

Le lundi gras commence dès l’aube avec le traditionnel Lévé Pyjama. Les carnavaliers parcourent les rues en tenue de nuit, dans une atmosphère volontairement décalée. Les mariages burlesques prolongent l’esprit d’inversion propre au carnaval en détournant les rôles, les vêtements et les conventions de la cérémonie.

À la tombée de la nuit, Saint-François accueille l’un des grands rendez-vous des jours gras. Les groupes défilent sous les éclairages de la ville et présentent des chorégraphies spécialement travaillées pour cette parade nocturne.

La lumière transforme les costumes, révèle les matières et accentue les mouvements. Le concours chorégraphique donne une importance particulière à la coordination du groupe, à l’occupation de l’espace et à la mise en scène du thème choisi.

Selon la programmation annuelle, d’autres déboulés et parades nocturnes sont également organisés, notamment à Basse-Terre.
carnaval de guadeloupe

MARDI GRAS

La grande parade de Basse-Terre

La grande parade de Basse-Terre

La grande parade
 de Basse-Terre

Le mardi gras, le carnaval rejoint les rues de Basse-Terre pour l’une de ses manifestations les plus attendues.

Le relief de la ville rend le parcours particulièrement exigeant. Les groupes doivent maintenir leur rythme, leur cohésion et la qualité de leur présentation tout au long du défilé. Musiciens, danseurs et porteurs de costumes donnent leurs dernières forces dans une parade qui constitue l’aboutissement de toute la saison.

Costumes, musique, chorégraphies, chars et présentation générale sont observés et évalués. Le mardi gras devient ainsi une grande finale au cours de laquelle les formations défendent le travail réalisé depuis plusieurs mois.

Pendant ce temps, d’autres communes continuent de vivre au rythme des déboulés. Le carnaval guadeloupéen ne se limite jamais entièrement à une seule ville.
tenue de carnaval guadeloupe

MERCREDI DES CENDRES

La mort de Vaval

Le mercredi des Cendres marque la fin officielle du carnaval. Après l’explosion de couleurs des jours précédents, le noir et le blanc dominent les derniers défilés.

Vaval, roi éphémère du carnaval, est accompagné dans son ultime parcours par les groupes et les carnavaliers en deuil. Les lamentations restent théâtrales et mêlent tristesse simulée, humour et dérision.

À la fin de la journée, l’effigie de Vaval est brûlée. Sa disparition symbolise la fermeture de la parenthèse carnavalesque et l’entrée dans le carême.
carnaval de guadeloupe 25

UN CARNAVAL DE PARADE

4 JOURS DE 
FESTIVITÉS INTENSES 

Des groupes organisés présentent une création collective construite autour d’un thème.

UNE RECHERCHE PERMANENTE

UNE EXPLOSION
 DE COULEURS

Des groupes organisés présentent une création collective construite autour d’un thème.

UNE PUISSANCE MUSICALE

Le ka, les tambours, les chachas, les caisses claires, les cuivres et les instruments amplifiés font vibrer les rues.

Les grandes familles du Carnaval de Guadeloupe

Les grandes familles du
 Carnaval de Guadeloupe

Les groupes à po comptent parmi les expressions les plus puissantes du carnaval guadeloupéen. Leur musique repose principalement sur des tambours recouverts de peau de cabri, accompagnés de chachas, de ti-bwa, de conques de lambis et de chants repris collectivement.

Leur progression dans les rues prend souvent la forme d’un déboulé très rythmé. Le son est profond, répétitif et physique. Il ne se contente pas d’accompagner le groupe : il impose sa cadence à tout le cortège.
Les costumes utilisent fréquemment des matières naturelles, de la toile de jute, des feuilles, des fibres végétales ou des matériaux recyclés. Ils peuvent évoquer l’histoire, la résistance, la mémoire de l’esclavage, le marronnage, l’environnement ou les luttes contemporaines.

Les groupes à po portent une dimension culturelle et revendicative particulièrement forte. Leur passage est immédiatement reconnaissable à la puissance des tambours et à l’énergie compacte du déboulé.
Les groupes à caisses claires présentent un style plus orchestré. Leur musique associe les percussions militaires, les grosses caisses, les cuivres et parfois d’autres instruments de rue.

Ils sont particulièrement remarqués pour leurs costumes colorés et très élaborés. Plumes, strass, coiffes monumentales, volumes et accessoires transforment le groupe en une véritable fresque en mouvement.
Les musiciens, les danseurs et les personnages costumés évoluent selon une organisation précise. La régularité de la marche, la puissance sonore et la cohérence visuelle sont essentielles à la réussite de la prestation.
Les groupes à synthé représentent une expression plus moderne et amplifiée du carnaval. Claviers, guitares, basses, sonorisation et percussions composent une musique festive influencée par les rythmes populaires antillais. Le répertoire peut intégrer des créations originales, des refrains carnavalesques et des morceaux conçus pour faire danser le public.

La présence d’instruments amplifiés donne à ces groupes une couleur musicale différente, plus proche d’un orchestre mobile. Leurs parades associent généralement costumes spectaculaires, chorégraphies et ambiance de fête particulièrement communicative.
Les groupes à mas placent le masque, le personnage et la représentation symbolique au centre de leur démarche. Chaque apparition peut évoquer une figure historique, une croyance, un fait de société ou un sujet d’actualité. Les corps, les gestes et les matières deviennent des moyens d’expression. Certains mas impressionnent, d’autres amusent ou interpellent volontairement le public.

Ces groupes perpétuent la fonction satirique du carnaval. Derrière l’apparence spectaculaire des personnages se trouve souvent un message lié à l’identité, à la mémoire ou aux transformations de la société guadeloupéenne.
Le ka occupe une place essentielle dans la musique carnavalesque guadeloupéenne, tout particulièrement au sein des groupes à po.
Le dialogue entre les tambours, les chants et les réponses du groupe crée une musique collective qui accompagne le mouvement des corps. Les rythmes s’intensifient, ralentissent ou repartent brusquement selon la progression du déboulé.

Akiyo a joué un rôle majeur dans la réaffirmation de cette expression musicale et culturelle dans l’espace public. Plusieurs chants et refrains popularisés par le mouvement ont dépassé le cadre du groupe pour rejoindre un répertoire carnavalesque largement partagé.

Toutefois, la musique du carnaval ne se résume pas au seul ka. Les caisses claires, les cuivres, les conques de lambis et les instruments amplifiés composent une grande diversité de paysages sonores.

Le concours comme moteur de création

Les concours ne constituent pas un simple complément aux parades : ils sont l’un des moteurs du Carnaval de Guadeloupe.
Pendant plusieurs mois, chaque groupe choisit son thème et imagine une création cohérente. Il faut composer la musique, écrire les chants, fabriquer les costumes, concevoir les coiffes, préparer les accessoires et répéter les chorégraphies.

Lors des grandes parades, les formations sont évaluées selon différents critères : musique, costumes, chorégraphie, présentation générale, respect du thème ou qualité des chars. Cette compétition stimule l’innovation. Les groupes cherchent constamment de nouvelles matières, de nouveaux volumes, de nouveaux rythmes et de nouvelles façons d’occuper la rue. Le carnaval devient ainsi un immense laboratoire de création populaire.

La récompense ne tient pas seulement au classement final. Elle réside aussi dans la reconnaissance du public, dans l’émotion provoquée par le passage du groupe et dans la capacité d’une création à rester dans les mémoires.

Un carnaval qui se regarde autant qu’il se vit

Le Carnaval de Guadeloupe est profondément populaire, mais sa participation obéit à des codes particuliers.
Le public danse, suit les groupes, encourage les musiciens et se déplace d’une commune à l’autre. En revanche, l’intérieur du cortège reste généralement réservé aux membres de la formation. Cette organisation permet de préserver la chorégraphie, le rythme, la sécurité et la lisibilité de la création.

Plus structuré qu’un défilé spontané, le Carnaval de Guadeloupe reste une fête intense et généreuse. La rue devient une scène sur laquelle se rencontrent musique, mémoire, satire, compétition et imagination collective.

La musique qui accompagne le Carnaval guadeloupéen

La musique qui accompagne le
Carnaval guadeloupéen

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Galerie proposée par © Laurent Bazabas

Le Carnaval 2027 en Guadeloupe 

Le Carnaval 2027
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Retrouvez bientôt le programme complet du Carnaval 2027 

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