Au XXᵉ siècle, La Réunion a donc connu de profondes transformations sociales, économiques et politiques. Entre modernisation rapide, héritages coloniaux et crises sociales, plusieurs événements ont durablement marqué la mémoire collective réunionnaise.
Le 19 mars 1946, La Réunion devient officiellement un département français d’outre-mer, aux côtés de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane.
Cette décision met fin au statut colonial officiel et ouvre la voie à :
Cette période marque le début de la “modernisation” de l’île, souvent vécue de manière ambivalente par la population.
Créé en 1963, le BUMIDOM (Bureau pour le développement des migrations dans les départements d’outre-mer) encourage des milliers de Réunionnais à quitter leur île natale pour aller travailler en métropole.
Les objectifs officiels était de réduire le chômage local et de fournir une main d'oeuvre bien utile à la France métropolitaine. Les conséquences humaines sont nombreuses et douloureuses. Au delà du déracinement naturel, les réunionnais, tout comme les Antillais subiront de nombreuses discriminations. qui rendront difficile leur intégration dans le tissu économique et social français hexagonal, notamment parisien. En effet la grande majorité d'entre eux se retrouvent en île de France où une solidarité ultramarine prendra forme au fil des années.
Pour beaucoup de Réunionnais, cette migration massive reste associée à un sentiment d’exil forcé plus que de véritable choix, le plus dure à vivre étant l'éclatement familial.
Aujourd'hui, la résilience réunionnaise a créé une population attachée à son île et à ses racines.
Une forme de résistance s'est tout de même développée avec le temps. Partir chercher, et trouver du travail dans l'Hexagone n'est plus une fatalité. Les jeunes réunionnais revendiquent le droit de travailler chez eux. Dans l'actualité récente, les actions militantes des nouveaux titulaires des concours de l'éducation nationale sont appuyés par la Région Réunion afin qu'il puissent être affectés aux postes à pourvoir sur l'île.
Entre les années 1960 et 1980, plus de 2 000 enfants réunionnais sont transférés vers des départements ruraux métropolitains, principalement la Creuse.
Présentée comme une opération sociale destinée à “sauver” des enfants pauvres et repeupler certaines campagnes françaises, cette politique entraîne a, en réalité, imposé des séparations familiales brutales, souvent non comprises.
L'incompréhension et l'innocence des enfants a créé une véritable perte d’identité culturelle et des traumatismes psychologiques durables, et cela malgré les retrouvailles qui ont ont pu être organisées pour certains après des vies entières dans l'ignorance de leur histoire.
Ce scandale est aujourd’hui reconnu comme l’une des pages les plus douloureuses de l’histoire réunionnaise contemporaine.
Dans les années 1960-1970, la démographie grandissante des Régions d'Outremer pose problème au pouvoir central qui tente de mettre en place des politiques anti-natalistes dont le Bumidom faisait partie. Cependant d'autres méthodes beaucoup plus controversées ont été imposées à des centaines de jeunes réunionnaises. Plusieurs affaires révèlent des pratiques médicales abusives concernant ces femmes, souvent pauvres et peu instruites.
Des médecins sont accusés d’avortements pratiqués sans consentement éclairé et de stérilisations forcées. Cette méthode de contrôle démographique va détruire la vie de nombreuses familles et créé des impacts psychologiques. Aujourd'hui, les demandes de réparations restent sans réponses. La responsabilité de l'État est mise en cause. Beaucoup se demandent logiquement si les politiques savaient. En 2018, des députés ont tenté de lancer, en vain, une commission d'enquête parlementaire sur le sujet.
L'affaire des avortements de Saint-Benoît” est devenu un symbole emblématique des dérives sanitaires et sociales de cette époque et ces événements restent associés à des rapports de domination sociale, raciale et économique hérités de la période coloniale.
Malgré les progrès économiques, les inégalités restent très fortes au XXᵉ siècle. Plusieurs mouvements sociaux marquent l’île avec des grèves ouvrières, des tensions liées au coût de la vie, le chômage massif, les contestations politiques.
Les événements de février 1991 au Chaudron, à Saint-Denis, constituent l’un des épisodes les plus marquants avec des scènes de pillages, des affrontements, des incendies, et une colère sociale générée par les inégalités et un fort sentiment d’abandon.
La seconde moitié du XXᵉ siècle voit également émerger une forte valorisation de la culture créole réunionnaise :
Le maloya, longtemps marginalisé voire surveillé politiquement, devient progressivement un symbole culturel majeur de l’île avant d’être inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO en 2009.
Le 31 juillet 1968, une histoire totalement insolite va défrayer la chronique à la Réunion. Un habitant de la plaine des Cafres décrit un évènement qui rentrera dans les annales de l'Ufologie. Luce Fontaine, agriculteur de métier, raconte avoir observé une soucoupe entourée de phénomènes lumineux inexpliqués, et deux personnages vêtus d’une combinaison rappelant la mascotte Michelin.
Cette histoire qui aurait pu rester dans les faits divers, sur fond de consommation d'alcool ou de phénomène hallucinatoire, va prendre une toute autre dimension. La découverte d'une radio activité anormale sur les vêtements du jeune réunionnais et sur les lieux indiqués par ce dernier, va laisser les gendarmes perplexes. L’affaire prend rapidement une ampleur médiatique importante et alimente pendant longtemps les récits d’ovnis et de phénomènes paranormaux à La Réunion.
Entre peur, fascination et folklore populaire, cet épisode reste aujourd’hui encore l’un des faits divers les plus mystérieux de l’île. Le court métrage « OVNI sous les tropiques. L'affaire des Babas Michelin » retrace cette intrigue.
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